Une tour « durable » de 48 étages
lundi 22 février 2010
Manchester est une ville située dans le nord-ouest de l’Angleterre. Troisième ville d’Angleterre, Manchester est au centre d’une grande agglomération de deux millions et demi d’habitants. Le 15 juin 1996, l’IRA fit exploser une bombe de 1 500 kg, une grande partie du centre fût gravement endommagé et plus de 50 000 m2 de commerces et 25 000 m² de bureaux durent être reconstruits. Ce fut l’occasion d’une vaste opération d’amélioration urbaine.
Aujourd’hui, en plein centre ville se dresse la Beetham Hilton Tower : 48 étages, et l’ambition d’être durable.
L’architecte a imposé ses contraintes : dégager de la place pour les espaces verts, les pistes cyclables et les voies pédestres, mais aussi créer des transports en commun dédiés (tram, bus) facilitant la mobilité des utilisateurs de la tour. Des utilisateurs aux objectifs variés : le bas de la tour est en effet réservé à l’hôtel Hilton et à des bureaux, alors que le sommet accueille des logements. Pour séparer les deux espaces, un bar panoramique a été conçu. « Pour respecter ces contraintes, explique Ian Simpson, l’important est de travailler en réelle confiance avec les aménageurs. Et cela, dès les prémices de l’opération. »
La Beetham Hilton Tower a bénéficié d’une véritable conception passive : les logements sont traversant, et l’ensemble dispose de quatre ascenseurs seulement ; côté énergie, l’utilisation maximale du solaire passif, couplée à un système de ventilation double flux thermodynamique, minimise la consommation du bâtiment. Que des techniques très rentables, loin de l’esbroufe qui consiste à mettre en exergue, sur un bâtiment énergivore, quelques panneaux solaires ou autres éoliennes aux rendements encore trop faibles. Particularité de la tour, un système de double peau avec jardin d’hiver qui s’ouvre et se ferme à la demande des utilisateurs. Une recherche innovante qui permet d’allier réduction des consommations et confort des habitants.
Le tout pour un prix de construction de 1200€/m² : la taille du bâtiment permet d’amortir rapidement les investissements techniques. Cerise sur le gâteau, « une tour de cette hauteur utilise jusqu’à 30% de matériaux en moins que deux petites tours équivalentes », selon l’architecte. A condition, bien sûr, d’être bien conçue…
Mais cette tour innovante, symbole d’une nouvelle donne architecturale et culturelle, est-elle vraiment durable ? Ian SImpson ne sait pas dire ce qu’elle consomme exactement. « C’est sa beauté et sa singularité qui en font une tour durable », plus que ses performances énergétiques, encore trop éloignées des objectifs de basse consommation.
Mais la Beetham Hilton Tower laisse entrevoir une nouvelle façon de concevoir un bâtiment : si architectes et thermiciens allient leur compétences dès l’élaboration du projet, on peut rêver de tours de grande hauteur qui créent la densité nécessaire aux mégalopoles…. Avec des consommations énergétiques proches de zéro !
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