Pourquoi une EcoZAC ?
mercredi 25 juin 2008
Face à la nécessité et l’idéologie de prendre en considération les problématiques du développement durable, la réalisation de projets d’aménagement urbain ou de réhabilitation doivent dès aujourd’hui être exemplaires au regard des principes de développement durable, de la protection de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique. Ces principes doivent être appliquées à l’urbanisme et l’architecture dans tous leurs aspects économiques, sociaux et environnementaux.
Ceci doit devenir une règle d’aménagement en France, comme cela est le cas dans de nombreux pays. L’Allemagne, la Suède, la Royaume-Uni ou encore la Hollande ont déjà appliqué ces principes en construisant des immeubles n’émettant pas de gaz à effet de serre. La France commence seulement à l’intégrer dans les nouveaux projets urbains.
Un passé pourtant prometteur
Rappelons qu’il y a 30 ans, la France débuta dans l’écoconstruction, avec la première loi thermique en 1974, qui imposa des normes aux constructions neuves. Cette réglementation ne s’attacha cependant pratiquement qu’à l’aspect de déperdition thermique. Cette réglementation apparut en conséquence du choc pétrolier de 1973.
Dans les années 70, la France voit apparaitre les pionniers du bioclimatisme au développement durable. Beaucoup d’innovations autour du concept d’"architecture solaire", de "solaire passif" ou de "conception bioclimatique" se développent.
Malheureusement, avec la chute du cours du pétrole début des années 80, les pouvoirs publics ne soutiennent quasiment plus ces initiatives, et le mouvement vers une intégration des principes de développement durable dans la construction disparaissent.
Trente ans ont passé, la France fait évoluer sa réglementation avec la réglementation thermique 2000 puis la réglementation thermique 2005. Cependant, la France est très en deça des éxigenes existantes dans bien d’autres pays.
La France a un grand malheureux retard à rattraper.
Deux Ecozac, l’évidence d’aujourd’hui
Origine de l’"Ecozac"
Elle est à l’initiative des amis de l’Ecozac de la place de Rungis, créée en 2005. Les amis de l’EcoZAC de la place de Rungis se sont créées à cette époque pour que l’aménagement de place de Rungis dans le 13ème arrondissement créée une ZAC exemplaire au regard des principes de développement durable, soit une "Ecozac".
Les deux associations ayant des objectifs communs, les amis de l’EcoZAC de la place de Rungis ont souhaité que l’association des amis des amis de l’EcoZAC des Batignolles se crée en filialtion avec eux, d’où l’appariation d’une deuxième association EcoZAC.
L’association met tout en œuvre pour que la mairie de Paris réalise des ZAC respectueuses de l’environnement et de la qualité de vie de ses habitants, soit une « EcoZAC », qui répondrait à des ambitions environnementales et sociales très élevées. (Voir Plate forme de propositions)
Le secteur Clichy-Batignolles doit répondre à ces critères, d’autant plus que l’ampleur de ce projet le rend tout à fait exceptionnel pour la ville de Paris.
- il est le grand dernier terrain en friche de Paris (plus de 50 hectares)
- à ce titre, il constitue une opportunité indéniable de faire de ce quartier un exemple d’aménagement urbain durable pour la capitale de la France.
L’avis des amis de l’EcoZAC des Batignolles
Malgré l’évidence de cette opportunité, les ambitions d’exemplarité du projet en terme d’urbanisme durable et d’autosuffisance énergétique semblaient avoir régressé, du moins en partie, en avril 2007 (deux ans après la sélection de Londres pour l’accueil des JO de 2012), par rapport aux objectifs du projet du village olympique.
Or, si la Mairie de Paris avait des ambitions louables en ce sens pour un village olympique, pourquoi les abandonnerait-elle pour l’aménagement d’un nouveau quartier ?
La qualité de vie et la santé de ses habitants compteraient-elles moins que celles d’athlètes et de visiteurs venant passer deux semaines à Paris pour des JO ?
Du point de vue des décideurs, ce changement d’orientation se justifiait d’un point de vue budgétaire : l’investissement financier ne pouvant plus être du même ordre que pour une ville olympique, le prestige et les retombées économiques n’étant plus les mêmes.
Cependant, l’idée qu’un tel projet, bien réalisé et bien mis en valeur, augmentant notablement le prestige international et l’attractivité de Paris, est parfaitement défendable.
En effet, dans un contexte de prise de conscience mondiale en faveur du développement durable et de renforcement de la lutte contre le changement climatique, Paris reste la première ville touristique du monde.
D’autre part, il faut passer outre le préjugé selon lequel tout programme d’aménagement urbain conçu pour consommer très peu d’énergie fossile entraîne systématiquement un coût insupportable et injustifié. Certes, on peut estimer entre 10 et 15% l’investissement initial supplémentaire en France en terme de coût de construction. Mais ce pourcentage est nettement inférieur si on le calcule par rapport à l’investissement global du projet qui intègre l’achat du terrain, la réalisation des voies d’accès et des infrastructures, etc.
De plus, grâce aux baisses de charges liées aux économies d’énergie réalisées par les résidents, ce léger surinvestissement initial est très généralement totalement amorti en valeur actualisée après 7 à 15 ans, alors que la durée de vie des bâtiments excède largement 50 ou 60 ans.
Enfin, la réduction des nuisances urbaines et l’amélioration de la qualité de vie doivent aussi être prises en compte dans la décision.
C’est dans ce contexte que l’association « Les Amis de l’EcoZAC des Batignolles » s’est constituée en avril 2007, en liaison avec l’association « Les Amis de l’EcoZAC de la Place de Rungis », que nous tenons à remercier pour leur précieuse collaboration.
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