Pour un urbanisme écologiquement et socialement exemplaire

Les éco-quartiers, solution contre l’Etalement urbain ?

samedi 24 octobre 2009

Lutter contre l’Etalement urbain nécessite de densifier les villes par de l’habitat « intermédiaire », de favoriser une vraie mixité fonctionnelle et de revoir la politique de transport….autant de principes clés des éco-quartiers.

Les Amis de L’Ecozac des Batignolles, ont suivi le 15/10/2009 une conférence organisée par Pierre Darras, architecte, au sujet de l’étalement urbain. Synthèse des principales idées :

Depuis 2008, 50% de la population mondiale vit dans des villes de plus de 5000 habitants (seuil retenu pour définir l’urbanisation). Cette proportion est amenée à grandir dans tous les pays en développement, où cette urbanisation est accompagnée d’une paupérisation croissante, mais également dans les pays développés (en Europe le taux d’urbanisation passera de 70 à 80% en 2020).

L’étalement urbain répond à une définition : "espace construit qui augmente plus vite que sa population" traduisant une expansion de zones à faible densité. C’est un phénomène mondial. Un exemple : Los Angeles qui n’accueille "que" 15 millions d’habitants sur 12.000 km2 (100 km sur 120 km) soit une densité de 1250 habitant /km2 contre 24800 hab/km2 pour Paris intra muros.

En France, en 25 ans, la surface dévolue aux villes a augmenté de 75% tandis que la croissance de la population urbaine n’a été que de 25%. De ce fait, la distance domicile-travail moyenne pour l’habitat urbain est de 23 km et de 31km pour l’habitat périurbain.

En France, l’origine de l’étalement urbain est lié :
- à l’urbanisme anarchique dicté par les promoteurs ;
- au choix du "tout automobile" : c’est la voiture individuelle qui autorise l’éloignement dû à la faible densité dans des zones d’habitation ;
- la poursuite de choix urbanistiques de "zoning" (spécialisation fonctionnelle du bâti par grandes zones) ;
- le mythe de la "maison individuelle" entretenu par la rareté et la cherté du foncier de centre ville et par la mauvaise réputation des grands ensembles des années 60.

Les principales conséquences de l’étalement urbain :
- la voiture, indispensable pour aller travailler ou faire ses courses, représente 84% des déplacements ;
- disparition des petits commerces au profit des hypermarchés (1500 en France aujourd’hui) et des zones commerciales ;
- gaspillage d’espace ;
- coût, pour la collectivité, des réseaux routiers et autres réseaux (eau, électricité, etc.)
- segmentation sociale accrue : budget essence, difficulté d’intégration, dévalorisation des pavillons alors que le bâti en centre-ville gagne de la valeur, etc.

Quelques solutions proposées en 3 axes :
- réduire le développement motorisé : généraliser la prise en charge des transports en commun par les entreprises, prime au vélo, télétravail, péages urbains, offre de transport en commun en zone rurale, rues cyclables, auto-partage
- densifier le bâti : privilégier le petit immeuble collectif mitoyen (logement "intermédiaire") ; valoriser les friches en centre-ville, lutter contre les logements vides (136.000 à Paris source DAL) ;
- relocaliser l’économie : recentrer les services et les centres de loisir ;

Quelques outils :
- renforcer la maîtrise du foncier par des règles plus contraignantes ;
- taxation des logements vides au delà d’un certain temps (ex. à Strasbourg au bout de 3 ans) ;
- conventionner les logements (aides à la rénovation en échange de loyers conventionnés) ;
- transférer les compétences de réglementation foncière de la commune vers l’intercommunalité ;
- attribuer des quotas d’émissions de GES aux collectivités ;
- renforcer les zones naturelles protégées ;
- développer les Plans Energie Climat Territoriaux.

Quelques exemples à suivre en France : fortes ambitions de la ville de Nantes qui prévoit des réductions drastiques des déplacemen


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