Compte rendu de la séance 3 de l’atelier 4 "Mixité, densité, identité"
mercredi 14 avril 2010
Les organisateurs présentent des chiffres sur la densité dans le nouveau quartier :
Il y a d’après eux deux notions essentielles : la densité de population (nombre d’habitants / km2) et densité bâtie. cette dernière notion peut s’entendre en "brute" (rapport des surfaces construites / surface totale du quartier) ou "nette" (rapport des surfaces construites / surface totale du quartier nette des surfaces non construites - parc, rues & trottoirs, etc.-).
Après ces rappels théoriques sont présentées des statistiques flatteuses pour la ZAC Clichy-Batignolles :
- avec les 6500 habitants (d’après la SEMAVIP), la densité de population sera inférieure à celle du reste du 17ème ;
- la densité bâtie "brute" sera de 0.92 dans le nouveau quartier (du fait du parc) contre 2.54 à la Plaine Monceau ou 2.30 aux Batignolles ;
- la densité bâtie "nette" est moins favorable : 3.75 dans le nouveau quartier contre 4.41 à la Plaine Monceau (ce qui correspond à un quartier Haussmannien type) mais 3.51 aux Batignolles et 3.19 aux Epinettes.
Durant le débat sur la densité, Les Amis de l’Ecozac ont souhaité compléter la présentation du quartier :
- Il a d’abord été admis par l’ensemble des participants qu’en ajoutant les actifs et usagers de la Cité Judiciaire, le nouveau quartier devrait accueillir au moins 25.000 personnes au quotidien. C’est la première fois que la SEMAVIP confirme ce chiffre rejeté à de nombreuses reprises par la Mairie de Paris (y compris par Madame Hidalgo lors de l’assemblée annuelle de la concertation). C’est important, car comment parler de densité et d’identité d’un quartier si les chiffres divergent ?
- Le chiffre de 25.000 personnes enfin admis (au bas mot selon nous !), il devient clair que l’enjeu pour le nouveau quartier dépasse de loin les futurs habitants (7000 selon la SEMAVIP, au moins 8000 selon nous y compris Saussure). Il s’agira d’un quartier à très forte densité humaine (notion additionnant les habitants, actifs et usagers de la Cité Judiciaire) qui va se remplir et se vider soirs et matins à la manière d’un quartier d’affaires. Ceci mettra l’ensemble des infrastructures, des équipements et l’espace à très forte contribution et suppose de les dimensionner convenablement. Les Amis de l’Ecozac rappellent également que ceci milite pour des solutions innovantes permettant d’attribuer les emplois du quartier à ses habitants et inversement.
- le déficit en espace vert dans le 17ème est rappelé. Le nouveau parc ne rétablira pas la moyenne Parisienne, loin s’en faut et il risque d’être très voir trop sollicité.
Une discussion a également lieu sur le style architectural du nouveau quartier :
- Le président d’ne association de quartier (dont nous n’avons malheureusement pas retenu le nom) milite pour l’abandon des tours et l’utilisation d’une architecture respectant les canons parisiens (néo-haussmannien). D’autres participants affirment que le quartier doit assumer sa modernité et son siècle.
- M. Gréther précise qu’il n’y a pas de relation entre hauteur et densité en citant l’ile saint louis qui est plus dense que les immeubles du front de Seine. Il lui est alors demandé pourquoi faire des immeubles de 50m puisque cela ne permet pas une plus forte densité. Il répond que la hauteur permet des vues plus agréables. L’assistance demande à ce que des exemples d’immeubles de 50 m de qualité soient présentés.
Une architecte de l’agence Périphérique présente le projet Quintessence (premier immeuble de Nexity). F. Gréther présente également des vues des premiers lots attribués (dans le Sud Est du quartier) soit 4 immeubles au total.
- Sur Quintessence, le débat précise qu’il comportera 97 logements privés et 20 logements sociaux (uniquement la catégorie la plus élevée) . D’après l’architecte, les logements sociaux seront d’une qualité de construction identique à celle du reste de l’immeuble mais serons regroupés dans une seule cage d’escalier dont l’accès donnera à proximité de la rue Cardinet. Un représentant de Paris Habitat explique cette configuration en "dent creuse" par les contraintes de gestion des immeubles, PH évitant au maximum de se retrouver comme copropriétaire au sein d’un immeuble privé.
- Suite à une question sur les garages à vélos, Paris Habitat précise qu’il est obligatoire d’avoir 2,25% de la SHON des bâtiments destinée au stationnement des 2 roues. C’est donc la contrainte minimale du PLU qui s’appliquera. Les Amis de l’Ecozac considère ceci comme extrêmement insuffisant pour un Eco-quartier.
- Des inquiétudes s’expriment sur l’hétérogénéité des différents immeubles proposés. F. Gréther précise que dans le futur, les lots seront mis au concours de manière groupée (macro-lots).
En fin de séance, G. Santel apprend aux participants que, pour des raisons privées, il a demandé à être remplacé dans son rôle de garant de la concertation. L’assemblée le remercie chaleureusement de sa contribution.
L’atelier s’est déroulé avec des débats mais dans une ambiance très courtoise et sans parti pris politique dogmatique comme on a pu le voir dans certaines réunions avec les élus sur le même thème, les citoyens seraient-ils plus mûrs que leur représentant ?
Espérant avoir des réponses aux questions posées et un approfondissement de certains thèmes… peut-être au cours de la prochaine séance qui aura lieu le 5 Mai et sera consacrée à l’identité du nouveau quartier.